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Exemples de recherche Conserver la diversité génétique des ormes |
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Les ormes indigènes dEurope ont été décimés par une maladie épidémique, la graphiose. On estime que plus de 90 % des ormes champêtres (Ulmus minor Mill.) adultes ont ainsi disparu du paysage français à la suite des deux épidémies de graphiose de 1919 et de 1972. Les ormes de montagne (U. glabra) et les ormes lisses (U. laevis) ont été moins touchés mais demeurent menacés. Un champignon qui fait des ravages Photo : Inoculation artificielle de la graphiose dans un plant d'orme
Le cycle de la graphiose est particulièrement efficace. Les spores du champignon sont transportées par des insectes, les scolytes de l'orme (Scolytus sp.). Au printemps, les jeunes coléoptères quittent le tronc des arbres malades où ils se sont développés. Ils vont ensuite s'alimenter dans la cime d'un arbre sain qu'ils contamineront. Malade, l'orme va dépérir et attirer les scolytes qui viendront pondre sous l'écorce. Un an ou deux suffisent pour qu'un arbre contaminé meure. Seuls subsistent encore quelques rares ormes adultes apparemment non touchés par la maladie ainsi que des rejets de souche ou des drageons. Pourtant, l'échéance sera de courte durée pour ces derniers, puisqu'ils seront vraisemblablement contaminés à leur tour par la graphiose avant d'avoir atteint leur taille adulte. Le conservatoire national de clones d'ormes français En 1987, le ministère de l'Agriculture charge le Cemagref de conduire un programme de conservation ex situ d'ormes apparemment indemnes de la graphiose. Les prélèvements des boutures de pousses herbacées sont effectués sur de vieux arbres rescapés dans une dizaine de régions françaises avec la collaboration des services forestiers locaux (ONF, DRAF et DDAF, CRPF) et de diverses associations. Les clones bouturés avec succès sont conservés sous forme de haies taillées à 1,5 m de haut pour réduire leur attractivité envers les insectes vecteurs du pathogène. A ce jour, la collection nationale comporte plus de 400 clones. Des bourgeons d'une soixantaine dentre eux sont en outre conservés par cryogénie dans de l'azote liquide par l'AFOCEL. Une coordination européenne pour conserver les ressources génétiques des ormes En 1996, Éric Collin, au Cemagref à Nogent-sur-Vernisson, élabore un projet européen afin d'étendre le programme de conservation des ressources génétiques de l'orme. Accepté en 1997 par la Commission européenne, le projet "Conservation of elm genetic resources" (RESGEN CT96-78), réunit quatorze partenaires de neuf pays de l'Union européenne pour cinq ans. Il est cofinancé par la Commission européenne à hauteur de 600 000 euros (quatre millions de francs). Photo : Conservatoire d'ormes taillés en haies basses Son
objectif est d'homogénéiser les méthodes entre les différents pays afin de
caractériser, dévaluer et de compléter les collections existantes pour assurer
leur valorisation et leur conservation à long terme. Une sélection des 850 clones les
plus représentatifs de la diversité génétique des ormes européens sera effectuée
parmi les 2 000 clones déjà rassemblés par les partenaires du projet. Des marqueurs
moléculaires, tels les ADN chloroplastiques et nucléaires, seront utilisés pour
caractériser et choisir le matériel végétal. Chaque clone de la "collection
réduite représentative" sera conservé dans deux sites conservatoires de pays
différents.
La recherche de clones tolérants à la graphiose Des ormes hybrides résistants à la graphiose ont été obtenus par croisement avec des espèces asiatiques. Certains dentre eux, sélectionnés par l'INRA, sont déjà commercialisés en France. Toutefois, ces hybrides destinés à l'ornementation des villes ne sauraient remplacer la diversité des ormes indigènes adaptés aux climats et aux paysages de l'Europe. Cest pourquoi le Cemagref et lINRA collaborent étroitement pour réaliser des tests d'inoculation artificielle sur le matériel indigène en collection. Il sagit de rechercher des clones assez tolérants à la maladie pour être utilisés, en mélange avec dautres espèces, pour la reconstitution de haies bocagères. Grâce au projet européen, ce travail est conduit selon le même protocole expérimental dans dautres pays de lUnion européenne.
© Cemagref, mise à jour le 29 juin 2010 |